33° Dimanche du temps ordinaire année C

apocalipseMalachie 3, 19-20 / ps 97
2 Thess 3, 7-12 /
Luc 21, 5-19

Avant dernier dimanche de l’année liturgique. L’Eglise tourne nos regards vers la fin de ce monde, pour raviver notre attente de la venue du Christ et du monde à venir.

La lecture du prophète Malachie nous parle de la venue du « jour du Seigneur », dans des termes qui peuvent nous heurter. Comment comprendre ce Jour de jugement et de salut, qui brûlera comme une fournaise, et consumera tout ce qui est indigne de Dieu ? Il ne s’agit pas de séparer les bons et les méchants. Car la frontière entre le bien et le mal passe à l’intérieur de chacun d’entre nous, transformant parfois notre cœur en champ de bataille. Il s’agit de séparer en nous le bon grain et l’ivraie. Ce travail de purification fera mal, mais il sera libérateur.

Comment cela se fera-t-il ? F Germain aimait à dire que, pour Dieu, juger le monde, sera aussi simple qu’un jeu d’enfant. Quand le Christ se présentera à nous, dans toute sa tendresse, et nous demandera si nous voulons bien l’accueillir, nos fausses images de Dieu tomberont. Nous pouvons espérer que tous accueilleront alors le Christ, et prier pour qu’ils en soient radicalement transformés.

Notre évangile fait écho à l’ultime enseignement du Christ-Jésus avant sa passion, dans une avalanche de verbes au futur. Pas moins de 23 en quelques versets. Tout pointant sur la parole finale : « C’est par votre persévérance que vous garde­rez votre vie ».

Nous avons besoin en effet de redécouvrir que c’est l’avenir (anticipé dans la mort et la résurrection du Christ) qui commande le présent, et permet de mieux gérer nos frustra­tions. C’est notre espérance, plus forte que la mort, qui permet de tenir dans les aléas de l’histoire et les tempêtes de nos vies. De persévérer dans cette attente active, qui mobilise nos énergies au service de tous.

Les lectures de ce dimanche annoncent donc une bonne nouvelle, à contre-courant de ce que nous vivons spontané­ment. Nous proclamons dans le credo : « J’attends la résur­rection des morts et la vie du monde à venir ». Nous redisons, après la consécration du pain et du vin, notre attente de la venue du Christ dans la gloire. Mais demandons-nous si nous attendons vraiment le Christ et notre résurrection dans le monde à venir comme le veilleur attend l’aurore. Ce n’est pas évident ! Ce n’est pas une question d’âge ou de génération. C’est une question de foi… qui ne va pas de soi.

Les pièges ne manquent pas. Une pastorale de la peur a joué sur des images terrifiantes. Et une fausse compréhension de l’espérance chrétienne a pu détourner les chrétiens de leurs tâches présentes.

Pourtant l’astrophysique nous apprend que le monde a eu un commencement, que l’on peut dater, et qu’il aura une fin. Notre soleil ne sera pas éternel. Notre petite planète, fragilisée par la crise écologique, ne sera pas éternellement habitable.

Quant à l’espérance dans le retour du Christ et la nouvelle création, elle n’est pas une fuite. Cette espérance peut ouvrir nos vies à la grâce du temps qui passe. Nous permettre d’habiter autrement notre monde, notre histoire, nos responsa­bilités.

Même l’espérance de rejoindre le Christ et la foule im­mense de ses élus, immédiatement après notre mort, peut dynamiser nos existences, et leur donner leur poids d’éternité. La mort est le moment le plus important de la vie, celui de la grande rencontre. Taire l’espérance chrétienne, dans un monde qui vit une crise de l’espérance, serait le plus sûr moyen d’en­terrer notre foi. Si nous voulons transmettre l’évangile dans son intégralité, il nous revient de témoigner de la joie de l’espérance au creux de nos combats quotidiens.

Le monde passe, le Seigneur vient : Christ, notre amour, notre joie. Joie imprenable, que nul ne pourra nous voler. Car rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour de Dieu, mani­festé dans le Christ-Jésus, notre frère. Oui, vient Seigneur Jésus !

Frère Alain