Dimanche de la Trinité Année C

trinitéjpgProverbes 8, 22-31 / Ps 8
Romains 5, 1-5
Jean 16, 12-15

Frères et sœurs, il y a des relations humaines faussées qui mènent à des impasses. Il n’y a pas lieu ici de s’y attarder. Mais d’autres relations sont comme des portes ouvertes sur l’éternité. Pourtant, même dans ces relations belles et fortes, un simple grain de sable jette parfois le trouble, faisant co-exister ombre et lumière, souffrance et joie profonde.

Qui n’a jamais rêvé, qui ne rêve encore, d’une communion que rien ne viendrait troubler, où chacun, chacune, pourrait aimer avec bonheur. Nous l’expérimentons, dans ces trop rares instants de grâce et de gloire, où nous sommes entièrement donnés. Mais, nous ne pouvons pas réaliser pleinement ce que nous désirons de tout notre être : aimer et être aimés.

La fête de la Trinité nous rejoint en ce point précis, de manière éminemment concrète, pleinement accordée à notre désir profond. Car, ce qui nous est radicalement impossible nous est désormais promis, par le don du Christ, visage de la tendresse de Dieu, dans notre monde de violence. Par le don de l’Esprit, qui poursuit, en nous, l’œuvre du Christ. Car « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Et « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs, par l’Esprit saint / qui nous a été donné » par le Christ ressuscité. Par-là, nous avons déjà part à la joie trinitaire, dans les détresses présentes. Mais cet amour « répandu dans nos cœurs » ne demande qu’à se déployer, et il est la source intarissable d’une immense espérance.

Cette promesse, cette espérance d’un amour sans mélange, sont fondées dans la vie trinitaire, manifestée dans intimité du Christ avec son Père, et dans sa manière de se laisser conduire par l’Esprit Saint. Trois personnes, sans cesse en mouvement par leur don mutuel. Trois libertés, chacune accueillie dans un immense respect des différences. « Buisson de lumière et de feu » ; « espace ouvert, d’intimité et de tendresse » ; « joie qui tout entière se donne, et toute entière se reçoit ».

Car le Dieu Trinitaire n’est pas statique. Sa perfection réside dans cette explosion de vie, dans ce perpétuel jaillissement, qui fera un jour de notre vie / un jaillissement permanent.

Mais si la fête de ce jour nous invite à célébrer l’amour reçu de Dieu, elle nous invite aussi à nous tourner vers la Trinité, telle qu’elle existe de toute éternité.

Nous le savons par expérience : quand nous aimons vraiment, nous nous réjouissons des relations qui font vivre l’autre, indépendamment de nous, tant nous désirons être introduits dans son jardin intérieur.

Nous sommes donc appelés à nous laisser séduire, fasciner, par la vie intime de Dieu. Á nous réjouir de ce que vit la Trinité, depuis toujours et pour toujours, même lorsqu’aucun être humain n’était là pour chanter sa gloire : ce cri d’admi-ration, cette joie secrète, ce feu dévorant, cette connivence parfaite, sans la moindre dissonance.

Que la Trinité nous apprenne à aimer avec bonheur, et à rayonner un peu de sa joie, dans les tourments de notre histoire. Que la sainte Trinité nous donne aussi de la chanter, en toute gratuité. Qu’elle nous conduise ensemble de commen¬cement en commencement, par des commencements toujours nouveaux, pour sa joie et notre joie.

Oui, rendons gloire à Dieu notre Père, à son Fils Jésus-Christ le Seigneur, à l’Esprit qui habite en nos cœurs, pour les siècles des siècles. Amen !

 

Pour que les chrétiens de toutes les Eglise
vivent toujours plus du mystère trinitaire
dans leurs rencontres quotidiennes
et dans leurs affections les plus chères,

Seigneur, écoute notre prière.

 

Pour ceux et celles qui ont souffert de notre Eglise,
et pour que celle-ci puisse reprendre confiance
dans le don qui lui est fait,

Seigneur, écoute notre prière.

 

Pour que cessent les injustices,
les guerres oubliées,
les massacres en Afrique subsaharienne,
les persécutions qui défigurent notre humanité,

Seigneur, écoute notre prière.

 

Pour notre assemblée de ce jour de fête,
pour nos familles, nos communautés,
pour les jeunes de notre paroisse qui font leur profession de foi,
et ceux et celles qui nous sont confiés,

Seigneur, écoute notre prière.