3° Dimanche ordinaire année C

J&enseignantNéhémie 8, 1-10 / ps 18 B
1 Cor 12, 12-30
Luc 1, 1-4 + 4, 14-21

La première lecture et l’évangile de ce dimanche sont centrés sur la Bible et sa proclamation dans la liturgie, dans deux liturgies de la Parole.

La première lecture nous reporte après l’exil à Babylone. Dans la tourmente de l’exil. Israël risquait de disparaître. Pourtant, c’est au cœur de ce drame, qu’Israël a longuement médité les paroles que Dieu lui avait adressées, tout au long de son histoire. On a pu dire que la Bible a été rédigée à Babylone, à partir des traditions mises par écrit avant l’exil, relues, réactua­lisées, réinterprétées.

Mais le sens de la Bible ne se révèle que dans la lecture que l’on en fait, comme lorsque cette lecture est proclamée et commentée dans la liturgie. C’est ce qui fait tout le prix de cette liturgie festive de la Parole au retour de l’exil. La lecture du « livre de la Loi » et son commentaire permettant à l’assemblée de faire corps, de revenir à l’alliance de Dieu avec son peuple.

Quand nos vies, ou nos Eglises, traversent des tempêtes, cela peut nous redonner courage. Car c’est souvent après une grande épreuve que nous pouvons relire notre histoire, et découvrir son sens caché. Nous garderons peut-être encore quelques stigmates de notre passé, mais la joie de Dieu sera notre rempart. Tant que la Parole de Dieu peut retentir, être écoutée, rien n’est définitivement perdu.

L’évangile nous rapporte une autre liturgie de la Parole. Nous voici dans la synagogue de Nazareth, un jour du sabbat. Le Christ reçoit du servant le livre du prophète Isaïe, l’ouvre, trouve le passage qu’il cherchait, et en fait la lecture. « L’Esprit du Seigneur est sur moi. Il m’a envoyé porter la Bonne nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue ». Il referme le livre et dit : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre ».

Aujourd’hui s’accomplit… Formule qui introduit les homélies dans les synagogues. Car la Parole de Dieu n’est pas enfermée dans un livre ou un passé révolu. Elle nous rejoint aujourd’hui, comme une parole de vie.

Mais cette formule habituelle contenait alors une charge explosive. Car dans la prophétie d’Isaïe, le Christ reconnaît son programme messianique, et se présente donc comme le messie attendu, au service des pauvres de ce monde. Et c’est aussi pour nous que sa parole retentit encore aujourd’hui.

Que conclure pour notre rapport aux textes bibliques et à nos liturgies de la Parole, avec ou sans eucharistie ? Dans ces liturgies, l’accueil de la Parole de Dieu nous construit et nous rassemble. Et l’Esprit Saint nous donne de former un seul corps, suscitant, à la fois, notre unité et notre diversité.

Mais pour que la Parole puisse nous travailler, encore faut-il prendre le temps de la laisser résonner en nous. Nous le faisons ici entre frères, en partageant, le jeudi matin, sur les textes du dimanche suivant. Vous pouvez le faire, vous aussi, seul, avant ou après l’eucha­ristie, avec ou sans commentaire. Ou en communauté, en couple, ou dans un groupe. Même par téléphone, si vous avez un abonnement en illimité !

Quelle joie quand l’Ecriture ouvre de nouveaux chemins de communion, avec ceux et celles que nous aimons, chrétiens ou non.

Frère Alain