Jour de NOËL 2018

nativitéEsaïe 52, 7-10 / ps 97
Hébreux 1, 1-6
Jean 1, 1-18

Comment parler du mystère de noël ? La naissance d’un enfant est toujours un événement. Après, rien ne sera plus comme avant… Que dire alors de la naissance du Christ Jésus en notre monde ? La liturgie de Noël nous propose plusieurs approches. Quel contraste entre l’évangile de la messe de minuit et celui que nous venons d’entendre ! Même si ces deux évangiles sont écrits à la lumière de la résurrection du Christ qui lui donne une place unique dans notre histoire, et dévoile le secret de sa personne.

L’évangile de la messe de minuit célébrait l’humble naissance de l’enfant de Bethléem, avec son poids d’humanité, dans un récit qui enchante les enfants…

L’évangile que nous venons d’entendre célèbre le même mystère, non dans un récit, ni dans une hymne, mais dans un poème liturgique, qui sert de prologue au 4eme évangile, pour révéler les enjeux des chapitres suivants. Il s’agit bien de Jésus de Nazareth, de sa naissance, de sa parole, de ses rencontres, de son combat, de sa mort et sa résurrection, mais interprétés sur l’arrière-plan de sa relation éternelle à son Père.

« Au commencement était le Verbe », la Parole de Dieu, le Fils éternel du Père, par qui tout a été créé… « Et le Verbe est devenu chair, il a dressé sa tente parmi nous, et nous avons vu sa gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique ». En relation unique avec Dieu depuis toujours, le Fils unique du Père a pris corps dans notre monde. Il s’est engagé personnellement dans les aléas de notre histoire. Il a fissuré la clôture de ce monde hostile et violent, enfermé dans sa finitude et son mensonge.

L’évangile de ce jour de Noël parle donc bien d’un commencement, d’une naissance, d’un événement initial, inouï, imprévisible, dont Dieu seul à l’initiative, mais qui est clairement situé dans l’espace et le temps. De cet événement, comme de tout événement, on ne peut que témoigner. Et on ne peut recevoir ce témoignage que dans la foi. « Un de la Trinité » est devenu notre frère en humanité, Emmanuel, Dieu avec nous devenu l’un de nous !

Cet événement est, pour le Christ, le point de départ de toute une vie d’homme, racontée ensuite dans l’évangile. Là où la nouveauté de Dieu ne cesse d’advenir, dans l’incroyable intimité de Jésus de Nazareth avec son Père.

Cet événement initial, cette naissance de Dieu dans notre monde, a suscité un autre événement, tout aussi imprévisible. « Il était dans le monde, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu ». Le don le plus extraordinaire a été clairement refusé. Les hommes ont préféré les ténèbres à sa lumière. Et lui ne s’est pas dérobé à la mort que nous lui avons infligé.

Pourtant, certains l’ont reçu, ce qui est étonnant. Ils ont reconnu que « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». C‘est pour chacun d’eux un événement fondateur, comme une nouvelle naissance, dont ils ne peuvent que témoigner, que leur témoignage soit reçu ou rejeté.

Gardons précieusement la grâce de ce jour de Noël. De cet événement capital qui fracture ce monde sans infini. Qui ouvre un avenir à accueillir, à inventer, dans la douceur et la force de l’Esprit Saint. Car depuis que, dans le Christ, Dieu s’est fait chair, l’avenir est grand ouvert. Dans l’attente du jour où le Christ viendra dans sa gloire, et où tout sera transformé, recréé. Alors, nous irons encore de rencontre en rencontre, d’événement en événement, dans la nouveauté de l’Esprit qui fait toutes choses nouvelles.

Que la joie de Noël soulève nos vies et relance notre espérance. Qu’elle rayonne sur notre entourage. Qu’elle nous aide à percevoir ce qui naît petitement, en nous et autour de nous.

Frère Alain