Fête du Corps et du Sang du Christ (année B)

imagesExode 24, 3-8 / ps 115
Hébreux 9, 11-15
Marc 14, 12-16 + 22-26

A la fin du cycle pascal, que nous venons de vivre et de célébrer, et avant de reprendre le « temps ordinaire », la liturgie nous propose trois grandes fêtes qui célèbrent notre Dieu : la Pentecôte, fête de l’Esprit Saint, la Trinité qui révèle toute la richesse de Dieu, et la fête du Corps et du Sang du Christ, qui met l’accent sur le Dieu incarné, le Dieu-avec-nous : « Voici que je suis avec vous jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20).

Cette fête de l’Eucharistie, est la célébration de l’Alliance entre Dieu et nous. La 1ère lecture que nous venons d’entendre nous rappelle l’Alliance qui avait été scellée entre Dieu et le peuple d’Israël au cours de l’Exode : une nouveauté absolue était instaurée dans la façon de voir les rapports entre Dieu et les hommes. Désormais, Dieu ne peut plus être perçu comme indifférent ou lointain, et Il devient l’interlocuteur direct de l’homme, plein de sollicitude pour lui. Le rituel, si souvent répété dans chaque eucharistie, sera un moyen de transmettre l’Alliance de génération en génération et de ne pas l’oublier. Mais trop souvent, le peuple (et nous en faisons partie) ne se souvient plus de cette alliance ; il la trahit ou tout au moins l’oublie. Il a fallu toute la tendresse et la miséricorde de Dieu pour que cette alliance ne soit plus seulement traduite dans un texte mais en son propre Fils revêtant notre humanité : nous nous retrouvons alors dans la Nouvelle Alliance qui sera scellée par le sacrifice, le don d’amour incroyable qu’est la Croix. L’eucharistie – rendant présent ce geste sauveur – est nommée avec raison lors des paroles de la consécration, le signe de la Nouvelle Alliance, de l’Alliance éternelle.

Le texte de la lettre aux Hébreux nous montre bien comment le Christ, sur la Croix, est le Grand-Prêtre qui accomplit, à la fois, le rite et l’offrande : Il est lui-même le lien entre Dieu et l’humanité. Quelle libération pour nous, dans le combat que nous menons contre nos infidélités, de savoir que nous avons un parfait médiateur auprès du Père, que nous avons quelqu’un qui intercède sans cesse pour nous.

En instituant l’Eucharistie, Jésus a dit à ses disciples que son sang était librement donné pour « la multitude », c’est à dire pour tous les hommes, ceux qui se disent ses amis et ceux qui croient être ses ennemis, et cela jusqu’à la fin du monde : « ce jour-là, dit-il, je le boirai avec vous dans le Royaume de Dieu ». En ce sens, le repas eucharistique préfigure déjà le repas messianique. Dans ce festin, – qui sera une grande action de grâce -, sera célébrée la libération définitive du Monde et de sa fragilité. Jésus a tenu parole : Il est la Parole vivante et active, qui à travers l’Eglise conduit vers le Père tous les membres de son corps mystique en le rendant toujours plus vivant et saint.

Si nous sommes croyants, c’est-à-dire, saisis par l’amour de Dieu, ce sacrement est le plus grand des signes car il nous met en communion avec Jésus lui-même, tout en resserrant la communion entre les membres de son corps mystique représenté par la communauté qui célèbre, la communauté que nous sommes.

Que cette fête du Corps et du Sang du Christ, cette fête de l’Eucharistie, nous fasse mieux connaître le Dieu qui nous aime et nous considère comme ses propres enfants. Qu’elle redonne un sens à notre vie et augmente en chacun de nous, la foi, l’espérance et l’Amour.

Oui, la mission de l’Eglise, notre mission est d’annoncer une Parole qui fait vivre, d’aimer comme Dieu aime. Aimer d’un amour qui donne la vie et la protège, qui lui permet de grandir. Aimer d’un amour qui pardonne, d’un amour qui réconforte. Aimer d’un amour qui partage le pain du labeur et le vin de la joie, d’un amour qui, comme celui de Jésus, se donne jusqu’au bout.

Prenons conscience de ce qui nous est donné depuis que Jésus a dit : « Ceci est mon corps livré pour vous, ceci est mon sang versé pour vous ». Sortons de nos routines et proclamons de grand cœur qu’il est grand le mystère de la foi. Et le Dieu qui est Amour viendra transformer nos vies.

Frère Vincent