Jour de NOËL 2017

sanctuairechampdesbergersEsaïe 52, 7-10 / ps 97
Hébreux 1, 1-6
Jean 1, 1-18

« Au commencement… ». Ce prologue du quatrième évangile place notre fête de noël sous le signe des commen¬cements…
L’évangile de la messe de minuit évoquait l’humble naissance de l’enfant de Bethléem. Une naissance, c’est toujours la grâce d’un commencement. Le jaillissement d’une liberté toute neuve, ouverte sur un avenir à inventer… Mais la naissance de cet enfant était le commencement d’une époque nouvelle. Nouveauté absolue, clairement situé dans l’espace et le temps, prélude des temps messianiques…

L’évangile de la messe de ce jour parle un tout autre langage, qu’il ne faut surtout pas isoler de la suite du 4eme évangile. Car le prologue suppose le récit qui le suit, et en révèle les enjeux. Il s’agit bien de Jésus de Nazareth, de sa naissance, de sa parole, de ses rencontres, de son combat, de sa mort et de sa résurrection. Mais son itinéraire doit être interprété à partir de sa relation éternelle à son Père.

Notre évangile évoque d’abord un tout premier commencement. Invisible, indicible, inaccessible, insaisissable, antérieur au commencement du monde, où, par sa Parole, « Dieu créa le ciel et la terre »… Car « Au commencement était le Verbe », la Parole de Dieu, le Fils éternel du Père. Fils bien aimé du Père, « Il était tourné vers Dieu, il était Dieu ».

Second commencement. Au jour de sa naissance parmi nous, « le Verbe s’est fait chair » dans notre monde. Il a pris corps dans notre histoire, nous a fait don de sa proximité. « Il a dressé sa tente parmi nous, et nous avons vu sa gloire », rayonnement de son amour pour nous, dans notre monde blessé.

Troisième commencement. La référence à Jean Baptiste, le précurseur, situe l’événement de la naissance de Dieu en notre monde dans la longue histoire d’Israël, au seuil d’une étape décisive… Lui qui était à l’origine de toutes choses, il a mené sa vie d’homme parmi nous, où chaque nouvelle rencontre était pour lui comme un nouveau commencement.

Ce prologue du 4eme évangile place notre fête de noël sous le signe d’un autre commencement, au cœur de notre vie de foi. Un commencement exprimé en terme de (nouvelle) naissance. Car, « à tous ceux qui l’ont reçu », le Christ a donné « de devenir enfants de Dieu », d’être « nés de Dieu ».

A nous qui croyons au Christ et marchons sur ses pas, il nous est donné, il nous est demandé, d’aller de commen¬cement en commencement, au hasard de nos rencontres, malgré les aléas de ce monde de violence.

Cela peut susciter en nous une immense espérance, et aussi la crainte de l’inconnu. Mais nous ne sommes pas seuls. Le Christ nous accompagne, par sa grâce, dans son immense tendresse, lui, Emmanuel, Dieu avec nous, devenu l’un de nous.

Chaque jour, nous pouvons dire : « je recommence ». Et quand les années passent, nous nous rapprochons du but. Mais quand nous aurons franchi la mort, nous irons encore de commencement en commencement, par des commencements toujours nouveaux. Car la communion parfaite, à laquelle nous sommes tous appelés, n’aura rien de statique. Sa perfection résidera dans cette dynamique qui n’aura pas de fin. A l’image de Dieu qui n’est pas un être statique, mais une explosion de vie, dans la communion de l’Esprit Saint.

Noël, c’est la fête des commencements. La fête de la naissance de Dieu en notre monde. La fête de la nouvelle alliance. La fête de notre nouvelle naissance, dans l’espérance d’un monde nouveau. Car nous serons toujours des débutants, et il est heureux qu’il en soit ainsi. Nous n’en aurons jamais fini de devenir nous-mêmes, cet homme, cette femme, unique entre tous, convié à un bonheur sans fin. Nous n’en aurons jamais fini de devenir fils et filles de Dieu, dans le Fils unique devenu notre frère, notre amour, notre joie. Amen.

Frère Alain